TheologosAnalele Universității de Vest din Timișoara · Seria Teologie

Numărul 9 / 2003

Coordonnées de la théologie orthodoxe roumaine. Réponses aux problèmes contemporains


Dans la théologie orthodoxe roumaine contemporaine il est difficile ou presque impossible de fixer et définir les courants théologiques et les problématiques de notre théologie. Ce fait est dû au manque d'un livre ou d'une étude critique sur la théologie, les problématiques théologiques et l'histoire de la théologie orthodoxe roumaine. Il n'arrive pas la même chose dans la théologie russe, où le père G. Florovsky dans un ouvrage monumental, Les voies de la théologie russe, fait une ample et pertinente présentation de la théologie russe des origines jusqu'à nos jours. De même on peut affirmer sur la théologie hellénique contemporaine, où le philosophe grec Christos Yannaras dans l'ouvrage L'Orthodoxie et l'Occident dans la Grèce contemporaine analyse tous les courants, les tendances et les influences de la théologie conformément à une critique véhémente poussée à l'extrême.

Certainement, on ne peut pas nier le fait qu'il n'y a pas d'inventaires et des références chronologiques et bibliographiques concernant les contributions théologiques roumaines. Mais on peut constater le fait qu'il n'y a pas une critique et une évaluation théologique véritable de la théologie roumaine, pour qu'elle soit encadrée dans une perspective théologique dogmatique et des problématiques théologiques contemporains. Dans ce contexte, nous pouvons mentionner les ouvrages strictement bibliographiques du prêtre professeur M. Păcurariu, Le dictionnaire des théologiens roumains et le manuel L'histoire de l'Église Orthodoxe Roumaine, vol. III, et du théologien Ioan Bria, Traité de théologie dogmatique și oecuménique (cap. La théologie orthodoxe roumaine, pag. 41-57).

A. Les courants ou les tendances théologiques.

I. La synthèse néopatristique

Le courant théologique néopatristique est fondé sur deux theories: la théorie de la double pseudomorphose et la renaissance patristique ou le retour aux sources ou aux Pères de l'Église.

a) La théorie de la double pseudomorphose de la théologie orthodoxe a été soutenue pour la première fois par le père G. Florovsky au premier congrès de théologie à la faculté d'Athènes, en 1936. Cette théorie a été acceptée après par tous les disciples du père Florovsky: I. Romanidis, I. Zizioulas, P. Nellas, A. Schmemann et même par d'autres théologiens contemporains.

Le père G. Florovsky soutient que dans la période postbyzantine la théologie et la spiritualité orthodoxe ont subi une double pseudomorphose, marquée par les influences occidentales catholiques et protestantes. Cette période, nommée par le père G. Florovsky la captivité occidentale de la théologie orthodoxe, contenue entre les siècles XVI-XX, s'est caractérisée par la promotion de la théologie scolastique dans les écoles de théologie orthodoxe, l'isolation de la théologie des sources patristiques orthodoxes et par une discordance évidente entre la théologie oficielle et la spiritualité orthodoxe. Dans les Églises orthodoxes slaves, roumaines et helléniques, les facultés de théologie ont été crées selon le modèle occidental catholique, les manuels et les catéchismes orthodoxes ont été réalisés selon les livres théologiques occidentaux, de sorte que même les témoignages de foi ou les livres symboliques, considérés les documents théologiques officiels de l'Église, ont été le résultat tributaire aux influences de la théologie occidentale.

En dépit du fait que cette théorie soutenue par le père G. Florovsky a été acceptée par la plupart des théologiens contemporains, il y a pourtant des positions critiques vis-à-vis de cette théorie, considérée comme sans base et entièrement non-justifiée. Par exemple, des théologiens contemporains comme I. Karmiris, Karl Felmy et Ioan Ică considèrent que la théologie scolastique n'a pas modifié substantiellement la théologie et la vie orthodoxe.

b) Le retour aux Pères de l'Église

Dans le même congrès de 1936 d'Athènes, le père G. Florovsky a relancé l'appel pour l'étude des écrits patristiques par la phrase célèbre de retour aux Pères. Ce programme néopatristique était constitué de 3 éléments fondamentaux:

  1. L'étude et la traduction des oeuvres patristiques.
  2. L'hellénisme – l'éthos bzyantin – le retour à l'art, la musique, la peinture, la culture et l'icône bzyantines.
  3. La congénialité patristique. Les théologiens de l'Église doivent continuer l'esprit des Pères et penser comme les Pères de l'Église. Par la suite, il ne suffit qu'une réitération ou une lecture des oeuvres patristiques, mais on a besoin d'une continuation et d'une application de la pensée patristique dans un esprit créateur.

Dans L'Église Orthodoxe Roumaine l'exponent de marque de la théologie patristique est Dumitru Stăniloae. Sa contribution patristique peut être résumée en quatre points théologiques:

  1. La redécouverte de la théologie palamite et de la doctrine sur les énergies non-créées.
  2. Le développement de la christologie pour mettre en relief l'importance de la théologie de la personne et de la communion.
  3. L'unité de la théologie conformément au triptique Dogmatique, Spiritualité et Liturgique.
  4. L'importance de la Philocalie – en tant que modèle théologique-antropologique pour la purification, l'illumination et le perfectionnement de l'être humain en Jésus-Christ.

Dans un de ses ouvrages théologiques, le père D. Stăniloae avouait qu'il a découvert Dieu, l'homme et le monde comme amour dans les écrits des Pères de l'Église:

J'ai cherché Dieu dans les gens de mon village, ensuite dans les livres, les idées et les symboles. Mais cette chose ne m'a donné ni la paix, ni l'amour. Un jour j'ai découvert dans les écrits des saints Pères de l'Église qu'il est possible de rencontrer Dieu d'une manière réelle dans la prière. Et alors je L'ai entendu me dire: Ose comprendre que je t'aime! Alors avec patience je me suis mis au travail. Ainsi j'ai compris graduellement que Dieu est tout proche, qu'Il m'aime et qu'en me remplissant de son amour, mon coeur s'ouvre aux autres. (Mică dogmatică vorbită, p. 219)

Cette synthèse néopatristique a été soutenue officiellement par L'Église Orthodoxe Roumaine. Au temps du patriarche Iustin Moisescu a été fondée la collection Pères et écrivains ecclésiastiques. Cette collection de traductions et écrits patristiques a été réalisée par des théologiens remarquables: D. Stăniloae, D. Fecioru, O. Căciulă, T. Bodogae, N. Neaga, C. Cornițescu et d'autres.

Aussi importante est la contribution du père I. G. Coman par ses trois volumes de Patrologie, mais encore par ses écrits sur les théologiens daces et scythes.

Une contribution remarquable à la synthèse néopatristique a été apportée aussi par le Métropolite Nicolae Corneanu dans les ouvrages Etudes patristiques (Timișoara, 1984), Miscellanea patristica (Timișoara, 2001) și Le charme des écrits patristiques (Anastasia, Buc., 2002). Son Excellence souligne que:

  • l'époque des Pères continue jusqu'à nos jours
  • les Pères ont créé le canon du Nouveau Testament
  • L'Etude des Pères nous offre la possibilité de comprendre la Tradition orthodoxe et de nous approprier la foi des Pères et de l'Eglise
  • L'Etude des Pères suppose l'expérience spirituelle et l'orthopraxie.

II. La théologie du présent:

Beaucoup de théologiens laïques mais aussi des clercs adeptes de la théologie dú présent considèrent que l'époque des Pères est finie et que la théologie monastique ascétique est périmée et dépassée. C'est pour cela qu'à la place de cette théologie patristique il faut qu'on élabore une théologie biblique sacramentelle orientée vers la vie de famille et vers les problèmes sociaux. Dans le cadre de cette théologie, le passé n'a aucune valeur théologique, parce que l'Eglise doit solutionner les problèmes du présent et de l'avenir concernant le monde et la société contemporains. Dans la théologie du présent est compris le problème écologique, la sécularisation, l'oecuménisme, la bioéthique, la globalisation, l'assistance sociale, la théologie politique, les relations de l'Eglise avec l'état, la politique d'intégration européenne, la théologie du génitif, etc. Sans doute que ces problèmes aussi doivent être débattus du point de vue théologique. En plus, l'Eglise doit offrir des solutions viables et des réponses concrètes a la société et au monde contemporains. Mais nous considérons que ces problèmes ne sont pas centraux et fondamentaux dans la théologie, surtout s'ils ne sont pas abordés d'une perspective patristique dogmatique et théologique.

Dans le cadre de cette tendance, „la mutation du centre de poids de la théologie sur l'antropologie et sur la société va de soi. L'Eglise devra oublier le passé et s'identifier d'une manière déterminante avec les luttes du présent tout en prévoyant en parallèle la perspective de l'avenir. La liberté de la personne est la plus importante carcatéristique par laquelle elle cherche sa position dans la société contemporaine. Les Pères de l'Église n'ont pas de place dans la théologie contemporaine et en conséquence on peut parler de la fin de l'époque des Pères. L'histoire ou la référence à l'histoire n'a aucune valeur dans la mesure où le passé ne peut pas influencer d'une manière vivante le présent. L'Église Orthodoxe et la théologie sont obligées d'être présentes dans les problématiques contemporaines par des solutions adéquates et certainement elles ne doivent pas être appuyées sur la théologie patristique” (H Stamoulis L'être et l'amour, Thessalonique 1999 p. 18-19). Les représentants de ce courant philosophique sont le philosophe grec Ch. Yannaras, les théologiens grecs Sava Aguridis, P. Trembelas, P. Vasiliadis et le théologien roumain P. Rezuș.

Dans la théologie roumaine le représentant important de la théologie du présent est le théologien Petru Rezuș (1913–1995) avec le grand tome La théologie orthodoxe contemporaine, Ed. de la Métropolie du Banat, Timișoara, 1989. La pensée théologique de Petru Rezuș est structurée sur deux idées fondamentales:

a) Dans le chapitre sur l'actualité de la théologie byzantine, Petru Rezuș considère que l'époque patristique se limite aux 7 synodes oecuméniques et aux dogmes formulés par ceux-ci. Les Pères d'après le huitième siècle, mais aussi certains pères comme Dionisie l'Aréopagite et le Saint Maxim sont inactuels et leurs enseignements peuvent être considérés théolégumènes, tout comme ceux de la Philocalie.

Dans ce sens, le père Ioan Ică le critique pour le repoussement des dogmes de la période post-byzantine et pour la négation de l'isychasme. A partir de la théologie néoplatonique de Dionisie l'Aréopagite propagée par Maxim „Mărturisitorul” et Jean „Scărarul” il aurait apparu dans la théologie byzantine – en dehors d'une une direction rationaliste, umaniste – une direction irrationnelle, mystique et ascétique, qui a gagné dans l'isychasme athonit dans les siècles XIV et XVIII (Paisie Velicicovski). Conformément à cette théorie, toute tentative de connaissance raisonnable de Dieu (cataphatique) est repoussée pour la vision du coeur (hesychia). Proprement-dit ce n'est pas un apophatisme, mai plutôt un émotivisme marqué par l'irrationalisme. Les exemples invoqués sont les Saints Simeon le Nouveau Théologue, Grégoire de Sinai, Grégoire Palama, Nicolae Cabasila. Ceux-ci ont essayé de continuer l'activité doctrinaire des synodes oecuméniques, mais leurs productions sont à prendre seulement à titre informatif de théolégumènes, pas de dogme. La vivification des formes et des fonds révoluts de la vie religieuse des autres siècles est impossible. (I. Ică – Sf. Siméon le Nouveau Théologue et la provocation mystique dans la théologie byzantine et contemporaine, Deisis, Sibiu, 1998, p. 45-47).

b) La deuxième idée fondamentale de Petru Rezuș est la création d'une théologie nouvelle et d'une théologie actuelle. Le théologien roumain affirme que la théologie occidentale traverse une crise théologique soit dans le romano-catholicisme, par les tendances d'un aggiornamneto, soit dans le protestantisme par une réforme, parce que la théologie captive a besoin de liberté d'expression individualiste. Cette crise théologique postule la nécessité de la révision de la théologie et de la création d'une nouvelle théologie même dans l'espace orthodoxe.

Nous nous trouvons devant une situation réelle, c'est- à- dire de la considération de la nécessité d'une théologie actuelle qui est encore dans les affres de l'accouchement, confrontée avec des dizaines de problèmes du christianisme, qui demandent aussi leur solution théologique, car la théologie ne peut pas rester détachée, abstraite et étrangère à la marche en avant de la vie du croyant. (p. 645).

Le recours du père Petru Rezuș aux problèmes contemporains signifie l'annulation de la théologie patristique et de la Tradition de l'Eglise. Conformément à son opinion théologique, la théologie doit se limiter aux problèmes du présent et de l'avenir, en défiant certainement le passé. De cette manière, la théologie déborde en sociologie et anthropologie. La théologie ne peut pas être détachée de la vie, des problèmes contemporains des croyants. Par cela elle devient contemporaine et marche sur les traces de Notre Seigneur Jésus-Christ. (p. 645).

Malgré le fait que père Rezuș combat le théologisme et le théologien théologiste, qui fait la théologie pour l'amour de la théologie, pour l'amour de l'innovation formelle ou doctrinaire, celui-ci reste son propre prisonnier. Dans ce sens, le père P. Rezuș envisage la théologie nouvelle comme une théologie du génitif, similaire avec les théologies americaines pour la libération (théologie de la paix, théologie de la liberté, théologie de la responsabilité, théologie de l'oecuménisme etc.).

Tous ces essais théologiques représentent une tendance protestante de séculariser et dévaloriser l'Orthodoxie, parce qu'au centre de la Théologie il n'est plus la relation entre l'homme et Dieu, mais la société et le monde moderne.

III. La théologie monachale

Dans la période contemporaine, d'ailleurs dans toute l'histoire de l'Église Orthodoxe, le monachisme a joué un rôle fondamental dans la vie de l'Église, mais aussi dans le cadre de la société et du monde. Conformément à la tradition orthodoxe, le monachisme n'est pas surecclésial, c'est-à-dire au-dessus de la communité eucharistique constituée par tous les croyants de l'Église; il n'est pas même paraecclésial, une institution parallèle à l'Église, et d'autant plus extraecclésial, c'est-à-dire sans un rôle spirituel ou réel dans le corps ecclésial. Dans l'histoire de l'Église, les moines ont créé le culte liturgique, les liturgies, les 7 louanges, l'immographie et l'icônographie orthodoxe. Dans le même sens, tous les synodes oecuméniques ont été patronés par les Saints Pères, qui ont été moines. Ils ont élaboré les dogmes de l'Église et les enseignements de l'Église et ont combattu les hérésies payennes et philosophiques. Les moines ont été les premiers à réaliser la Philocalie dans la spiritualité orthodoxe, fondée sur l'exegèse liturgique et les traités d'ascétique et de mystique. Ils ont édité et réalisé les premières collections canoniques et de règles pour l'administration et l'organisation des biens de l'Église. Pas dernièrement, les moines ont été les plus grands missionnaires chrétiens et apologistes de l'orthodoxie.

„Grâce au fait que le monachisme occupe une place ontologique dans l'Église, on peut dire qu'il représente le coeur de l'Église.

Et ce fait est prouvé dans la tradition orthodoxe, car toute la vie de l'Église provient du monachisme. Elle se nourrit du monachisme comme d'un coeur, avec la liturgie, la théologie, la spiritualité et la mission.” (P. Nellas, La vocation monastique. Aproches teologiques, Contacts, 52 1965)

Dans le deuxième millénaire, le monachisme a dialogué avec l'historie et le monde. Dans le cadre du monachisme les mouvements de renaissance patristique sont apparus: la théologie de la lumière et de la déification chez le Saint Siméon le Nouveau Théologue contre la scolastique ou le rationalisme théologique; la doctrine des énergies non-créées et l'isychasme contre la Renaissance à l'époque du Saint Grégoire Palama et la renaissance eucharistique et philocalique à l'époque du Saint Nicodim „Aghioritul” contre l'illuminisme.

Conformément à ces considérents théologiques, on peut constater l'importance et l'actualité de la théologie monacale dans la vie de l'Église Orthodoxe. Dans ce contexte, nous essayerons de présenter les courants théologiques monacals et les contributions théologiques des moines à la fin du XXème siècle et au début du XXIème siècle.

1. Le courant théologique monacal de Sihăstria représenté par le père Cleopa et le père Ioanichie Bălan.

Cet oasis spirituel nous a offert la plus ample et réelle image du monachisme roumain par la monumentale trilogie monacale: Foyers d'ermitage roumain, Le Patérique Roumain et les 2 volumes de Conversations spirituelles. La théologie de ces moines se caractérise par:

  • rigorisme ascétique, liturgique et canonique maximale
  • l'étude et l'assimilation de la pensée et de l'esprit patristique (par la lecture des manuscrits patristiques de la Bibliothèque de Neamț et de la Philocalie)
  • l'imitation des starets russes d'Optina dans le sens d'avoir un dialogue permanent avec les croyants par des sermons, conseils, questions, suivi par la confession
  • l'esprit apologétique-théologique de combat du sectarisme, du paganisme, des superstitions
  • la spiritualité est fondée spécialement sur la première marche de l'ascension spirituelle, la purification: sur le combat du mal, du péché, le jugement divin, les châtiments éternelles. Parfois la théologie a un caractère justitiaire et légaliste.

2. Le courant de renaissance liturgique eucharistique du Monastère Recea (Ardeal)

Ce monastère fondé par le père Ioan Iovan, aux alentours de la ville de Tg. Mureș, est axé sur la célébration des liturgies quotidiennes et surtout sur une communion fréquente. Le père Ioan Iovan lance, par sa mémoire de licence, mais aussi par son témoignage des prisons, un appel vers les moines et les croyants de participer à la messe et de communier plus fréquemment. Ce moine considère que toutes les prières de la Liturgie, la canon eucharistique et le but de la Messe est la communion des croyants.

  • La Liturgie este la Cène du Seigneur et tous les croyants sont invités à la nourriture et à la boisson spirituelle
  • L'Eucharistie est le centre de la spiritualité, du culte et de la vie chrétienne
  • Dans la plupart des cas à l'Eucharistie on peut participer même sans confession.

3. Le mouvement philocalique du monastère Sâmbăta de Sus.

Ce mouvement philocalique de Sâmbăta de Sus a été nommée La Philocalie pour tous, parce que le monachisme de ce monastère a eu une grande ouverture vers tous les croyants et spécialement vers les jeunes. Les représentants de cet esprit philocalique sont le père Arsenie Boca et le père Teofil Părăianu.

  • Le père Arsenie Boca est considéré un fondateur du monachisme roumain contemporain parce qu'il a eu l'initiative d'apporter les manuscrits philocaliques du Saint Mont pour la traduction de la Philocalie. Dans ce sens, le père Arsenie a poussé le père D. Stăniloae à traduire la Philocalie et l'a soutenu matériellement par l'impression des premiers quatre volumes.
  • le moine-prêtre Arsenie Boca a été parmi les premiers moines contemporains qui ont appris tant les moines, que les laïques à pratiquer la prière de Jésus. Le père a diffusé les volumes de la Philocalie parmi les croyants et a interprété les textes philocaliques.
  • Elle a inauguré un nouveau style de peinture néo-byzantine concrétisé dans les icônes de Prislop et Drăgănescu. La nouveauté et l'unicité de cet art résidait dans le fait que chaque registre pictural était expliqué par d'autres deux registres. Ce style a essayé de réaliser les visages et les corps avec une transparence spirituelle plus accentuée, pour mettre en relief l'ascèse chrétienne, qui mène à la transfiguration totale de l'être humain. Influencé par la théologie de Nichifor Crainic, le père Arsenie a peint les icônes plus représentatives dans les trois couleurs du peuple roumain.
  • Le mouvement philocalique de Sâmbăta a poursuivi comme but la renaissance du peuple roumain conformément aux principes de la vie orthodoxe. On recommandait aux jeunes un programme de vie chrétienne fondé sur la prière, l'ascèse, l'étude, travail physique et amour. Concernant les familles chrétiennes, le père recommandait la naissance des enfants et une vie pure basée sur l'abstinence par la prière et le jeûne des époux.

Après 1989 le père Teofil a commencé une activité missionnaire dans le cadre des Universités de Roumanie et parmi les jeunes, par un riche cycle de conférences spirituelles, suivies par des dialogues et par le sacrement de la Confession et la Sainte Messe.

  • Un trait fondamental de la théologie du père Teofil est le maximalisme pascal ou l'optimisme chrétien. Le père Teofil en citant pe Saint Jean „Scărarul” dit que celui qui a sa conscience pure, toute sa vie est une fête. La Mère du Seigneur est la Mère de la Joie.
  • L'imnographie chrétienne est une source de pensée théologique et vie chrétienne pour les croyants orthodoxes
  • Le christianisme liturgique-sacramentel
  • La cultivation de la culture chrétienne parmi les jeunes.

B. Problématiques théologiques

I. La doctrine sociale de l'Église Orthodoxe

Après 1989 l'Église Orthodoxe Roumaine s'est trouvée devant d'autres réalités sociales, respectivement dans la phase de transition de la société communiste à la société capitaliste. Durant presque 14 années (1989-2003) l'Église Orthodoxe Roumaine n'a pas élaboré officiellement une doctrine sociale orthodoxe ou un programme de travail pour l'avenir, comme par exemple ont fait l'Église Orthodoxe Russe ou les Eglises Orthodoxes d'Amérique. Dans l'ouvrage du père I. Ică et Germano Mariani La pensée sociale de l'Église (Ed. Deisis, Sibiu, 2002) on critique les tendances théologiques de justifier la doctrine sociale-communiste de l'ouvrage L'Apostolat Social, mais aussi le manque d'un programme social que l'Église doit élaborer pour l'intégration de la Roumanie dans l'Unité Européenne. Dans cette période, l'Église Orthodoxe Roumaine a eu assez d'initiatives par les lettres pastorales de s'impliquer dans les problèmes sociaux de la société contemporaine roumaine. En 1992 l'Église Orthodoxe aborde les premiers problèmes de morale sociale apparus en Roumanie: l'aide des enfants de la rue, la condamnation de la pornographie et des avortements (1,5 millions par an). En 1993 on condamne un nouveau problème social, celui concernant les homosexuels. En 1991 et 1994 on envoie des messages de la part de l'Eglise en faveur des pauvres (image de Christ) et de la famille chrétienne (image de l'Eglise). En 25 décembre 1996, l'Église Orthodoxe émet la pastorale Jésus-Christ - fondement de l'histoire, de la culture et de l'unité de notre peuple. Tous ces pastorales, messages et documents officiels de l'Église Orthodoxe Roumaine ont un solide fondement biblique et patristique et répondent à des demandes et des nécessités de notre société. Mais nous mentionnons que ces conseils pastorals doivent se concrétiser dans un programme de travail et d'action de l'Église pour l'avenir.

Une première contribution au devéloppement de la doctrine sociale orthodoxe est apportée par Son Excellence l'Archevêque Nicolae Corneanu dans l'ouvrage Quo Vadis? Etudes, notes et commentaires théologiques, Timișoara, 1990. Très tôt après la chute de la dictature communiste, le Métropolite Nicolae Corneanu considérait que c'est une obligation rapide que l'Église et la théologie se dirige aussi vers les problèmes sociaux du monde contemporain. C'est pour cela qu'à la question de ce livre Où va la théologie, dans quelle direction se dirigent les Eglises? (Quo Vadis?) le Métropolite Nicolae oriente son discours théologique aussi vers les problèmes sociaux dans les chapitres: E. Les Églises et quelques uns des grands problèmes du monde d'aujourd'hui. I. Considérations théologiques sur le problème de la population, p. 165-170; II. La pauvreté est contraire à la volonté de Dieu; La pauvreté et la lutte contre elle dans la perspective de l'Evangile, p. 171-192; 2. L'Evangile et la pauvreté, p. 193-198; III. Théologie et écologie, p. 189-192; IV. Le christianisme et la femme; V. La préoccupation pour les jeunes, les vieux et les handicapés: 1. La protection de l'enfant, p. 204-205; Le sens chrétien du troisième âge, p. 206-208; 3. N'oublions pas les handicapés, p. 209-214; et G. Injustices et maux contemporains, III. La toxicomanie -- un univers de la dégradation humaine. 1. Le fléau des drogues, p. 268; 2. Le parfum spirituel, p. 270-272; IV. Sida, la terrible épidémie du temps, p. 273-277.

Un autre contribution très importante à la doctrine sociale de l'Église est apportée par le théologien roumain D. Popescu par l'ouvrage Hristos, Eglise, Société, Ed. IBM BOR, București, 1998. Dans un chapitre suggéstif, Le christianisme intégral ou la doctrine sociale orthodoxe (p. 21-34), le père D. Popescu souligne la liaison entre l'orthodoxie et l'orthopraxie et entre la théorie et l'action. Autrement dit, il ne peut pas exister une théologie sans action ou sans être axée sur le triangle théologique existentiel Dieu – homme – monde. Dans ce sens, Christ n'offre pas un programme social ou économique pour le solutionnement des problèmes économiques et sociaux spécifiques à son époque, mais Il nous a apporté une révélation religieuse, qui soit la source inépuisable d'inspiration pour la conduite morale des croyants de tous les temps (p. 21). Au centre de la théologie orthodoxe il y a la relation entre Dieu et l'homme, mais cette relation n'exclut pas la préoccupation ou le souci de l'Église -- communauté – pour le monde et pour l'amour des semblables. Même si l'Église ne s'engage pas dans la politique, cela ne signifie pas qu'elle n'a pas une doctrine sociale chrétienne, qui lui permette de s'occuper non seulement du salut personnel des croyants, mais de s'impliquer dans le progrès de la société roumaine dans son ensemble. (p. 21)

Devant les problèmes sociaux, l'Église se confronte directement avec le processus de sécularisation de la société moderne. Le phenomène de la sécularisation est le produit de la théologie occidentale: par l'absence de la doctrine sur les énergies non-créées Dieu a été isolé dans Son transcendance et le monde a été cantonnée dans son imanence, mais par le nestorianisme ecclésiologique, cultural et social ou par la séparation entre la divinité et l'humanité en Christ ou par la séparation entre Jésus de l'histoire et Christ de la gloire.

Pour tenir tête à cette situation, nous devons rester fermément ancrés dans la Vérité de foi de l'Ecriture et de l'Église non-séparée, c'est-à-dire croire avec force en Christ, qui est en même temps Dieu réel, mais aussi Homme réel, pour dépasser la séparation nestorienne entre la divinité et l'humanité de Christ, entre Jésus de l'histoire et Christ de la gloire, qui a fermé la divinité dans le ciel et a isolé l'homme dans l'imanence du monde créé, provoquant le processus de sécularisation avec lequel nous nous confrontons si intensément. (p. 7-8)

L'Église chrétienne orthodoxe se trouve dans une opposition totale avec le monde moderne sécularisé conformément à des antinomies irréductibles et insurmontables:

  • a) la théonomie – l'autonomie
  • b) théocentrisme – antropocentrisme
  • c) la théocratie – la technocratie

Dans la société post-moderne sécularisée, la loi de Dieu et l'Église sont exclus dans un secteur marginal de la société ou de la vie privée. Le célèbre théologien N. Balca disait que dans l'Antiquité l'homme parlait avec le cosmos, l'homme médiéval parlait avec Dieu et l'homme moderne parle avec soi-même. L'autonomie de l'homme moderne basée sur l'existence adamique et la tendance d'autodéification de l'homme ont conduit celui-ci à une existence tragique, révolté, à sa propre extermination. Autrement dit, la mort de Dieu signifie la mort de l'homme. L'autonomie de l'homme s'este accentuée tellement, de sorte que l'homme contemporain s'est fermé dans sa propre autonomie et refuse tout appel à la transcendance. (p. 15)

Dans la société post-moderne, le théocentrisme (c'est-à-dire la centralité de Dieu dans la vie des gens et de l'Église dans la société) a été réduit le plus possible. Le christianisme este devenu un segment de la vie humaine, étant réduit au christianisme de dimanche ou au christianisme de fête. Et l'Église est considérée une institution de l'état ou un culte religieux acrédité avec l'assistance sociale. Aujourd'hui en fait il s'agit d'un antropocentrisme radical, qui a exalté le plus possible l'homme au détriment de Dieu, sans se rendre compte que l'homme sans Dieu s'écroule moralement et spirituellement. (p. 7)

La dernière antinomie entre la théologie et le monde sécularisé consiste dans le fait que l'homme croit que à l'aide de la technique et de la science peut déterminer le monde et la maîtriser. Cette époque de la technocratie a produit de grands dommages écologiques et a baissé l'homme dans le plan de la vie irrationnelle par l'exacerbation de la violence et de la sensualité.

L'homme contemporain a réussi à l'aide de la science et de la technologie de dominer le monde extérieure, mais il est devenu le prisonnier de forces irrationnelles, qu'il ne peut plus contrôler dans sa vie intérieure. (p. 7)

Conformément au père D. Popescu, le phénomène de la sécularisation a généré plusieurs dilemmes dans la vie contemporaine: entre la nationalisme et universalisme, celui entre individualisme et collectivisme, celui entre créationisme et évolutionsime, celui entre prozélitisme et oecumenisme...

Tous ces dilemmes sont le résultat d'une mentalité réductioniste, de facture rationaliste, qui n'a pas été capable de surprendre la réalité dans son complexité, mais s'est contentée des vérités partielles, qu'elle a transformées dans autant idéologies qui obligent l'homme de vivre dans un monde artificiel, qui ne veut pas tenir compte des lois de Dieu existentes dans la nature des choses et des êtres humains. (p. 6-7)

Une autre problématique de la doctrine sociale du père D. Popescu est la position chrétienne vis-à-vis de la société capitaliste et communiste.

En dépit du conflit d'entre elles, d'entre le communisme et le capitalisme, toutes les deux restent dans leur essence athéistes, comme produit de l'illuminisme. (p. 29)

Le système communiste a cherché d'imposer l'athéisme tant dans la sphère publique, que dans la sphère privée. Dans ce sens, la doctrine communiste a été athée et orientée contre la religion. La société communiste a été collectiviste, basée seulement sur les intérêts collectifs, en excluant la personne et ses droits. L'économie communiste a été de type communitaire, basée sur les biens communs. Mais il y a une différence totale entre les principes chrétiens et le système communiste. La communauté de Jérusalem était un idéal de la vie chrétienne et elle ne s'est pas répétée dans l'histoire du christianisme. Elle avait une justification profondément religieuse et spirituelle tandis que le communisme avait une base matérielle et économique. Le communisme avait comme normes et lois la lutte de classe, la force et la violence, le chantage, la haine et le mensonge. Dans le christiansime à la base de la communauté était la foi intérieure et non pas la terreur extérieure. Le christiansime n'a pas essayé de changer la société par la haine de classe, mais par amour. Les relations humaines pendant le communisme étaient basées sur le dicton faux: illuminisme, justice, égalité, fraternité. (p. 27)

Par la suite, la doctrine et la société communistes étaient sécularisées, parce qu'elles se basaient sur les trois principes: l'autonomie, l'anthropocentrisme et la technocratie.

Le système capitaliste ne nie pas la religion, mais il ne la tolère ou ne l'accepte que dans le système de la vie privée. Cette position suppose deux conséquences graves: la religion est marginalisée ou excluse de la sphère de la vie sociale et le pluralisme religieux. Cette dichotomie (entre l'Evangile et le monde) qui élimine la religion de la sphère de la vie publique a deux conséquences majeures pour l'Eglise et la société. D'une part, si la religion n'es plus un problème publique, mais un qui est privé, alors chacune donne naissance à un petit groupe selon les propres convictions subjectives... d'autre part, le pluralisme religieux soutenu par le système capitaliste mène d'une manière inévitable à la submination du rôle de l'Eglise. (p. 30)

Le système capitaliste concernant la société se base sur l'individualisme et sur la propriété privée. L'économie capitaliste est une économie de marché. Celle-ci reste tributaire à une culture autonome, détermine l'homme de s'engager dans la course de l'accumulation de biens, en ne voulant plus savoir de la loi de Dieu, il cherche à imposer à la nature ses propres lois. (p. 31)

Dans la vision du théologien roumain, l'économie de marché a deux conséquences négatives: elle crée un abîme entre les riches et les pauvres, non seulement sur le plan national, mai aussi sur le plan mondial et donne naissance par l'abus massif de technologie à l'immense crise écologique, qui a touché des proportions planétaires et qui submine progressivement la survie de l'homme sur la terre. (p. 31)

Du point de vue juridique, le système capitaliste plaide pour les droits de l'homme et maintes fois des minorités. En général, la capitalisme fait une apologie de la liberté, qui se transforme en libertinage.

Les deux systèmes sociaux sont arrivés dans une crise grave due à la sécularisation de l'homme moderne et de la société. La cosmologie moderne est la cosmologie autonome ou athéiste, tandis que la cosmologie orthodoxe est théonome, en affirmant la présence de Dieu non seulement dans l'âme de l'homme, mais aussi dans la société et dans le cosmos. (p. 30)

À tous ces problèmes sociaux, le père D. Popescu fait appel aux solutions et aux arguments patristiques.

  1. Dieu est communion d'amour. Saint Basil le Grand dit que l'existence de Dieu est amour. Le père Stăniloae dit que la Sainte Trinité est la structure de l'amour suprême.
  2. La messe a le rôle de créer la communion. L'eucharistie était toujours accompagnée par des agapes et philanthropie sociale.
  3. L'homme a été créé pour vivre en communion. Gén. 2, 18; Gén. 1, 28. Saint Basil le Grand dit que l'homme est un être sociable.
  4. Le christianisme a un horizon social, parce que le salut du croyant se réalise en fonction de nos semblables, qui composent la société. (p. 24)
  5. Les Saints Trois Prélats ont organisé l'assistance sociale et ont soutenu l'ouvrage philanthropique: écoles, hôpitaux, orphelinats.
  6. Les Saints Pères ont changé la notion de propriéte. Dieu est le propriétaire, et l'homme, le gérant. La richesse est un don de Dieu, qui s'utilise selon les lois divines.
  7. Le rétablissement de la dignité humaine par l'abrogation de l'esclavage. Le dépassement des divisions humaines ayant comme principal élément les pauvres et les riches.

En conclusion, le théologien roumain considere que la le respect des Pères et des Saints Trois Prélats est pour nous une occasion d'inspiration et d'appel à la pratique d'un christianisme qui combine la dimension spirituelle avec la dimension sociale de la responsabilité chrétienne, en montrant que notre devoir en Christ et dans l'Eglise est de militer pour un christianisme intégral. (p. 33)

III. La théologie orthodoxe et la politique

a) L'Eglise orthodoxe et l'état roumain post-communiste.

L'un des grands théologiens contemporains, le père I. Ică, soutient que les relations entre L'Eglise orthodoxe et l'état roumain se sont établies en fonction de la conception politique de l'état roumain et non pas conformément à la doctrine sociale orthodoxe.

L'état libéral a offert à L'Eglise l'autocéphalie et le patriarcat, l'état communiste a garanti, au prix de sa retraite publique et de sa manipulation propagandistique, sa sécurité et sa position dominante parmi les autres cultes, et l'état post-communiste l'a transformée dans une institution fondamentale de l'état ayant un rôle moralisateur dans la société (la morale chrétienne étant vue comme une forme d'idéologie post-totalitaire). (La pensée sociale de l'Eglise, p. 560)

A première vue ces affirmations pourraient paraître choquantes et révoltantes. Mais en lisant la Constitution de la Roumanie de l'an 1991, nous pouvons saisir que l'Eglise Orthodoxe n'est pas même nommée institution, mais un simple culte religieux. La Constitution de la Roumanie guidée selon les constitutions des autres pays européens mène un pluralisme religieux confromément auquel les Eglises ont un rôle social-philanthropique ou tout au plus moraliste.

Art. 29 – La liberté de la conscience

  1. La liberté de la pensée et des opinions, ainsi que la liberté des croyances religieuses ne peuvent pas être limitées sous aucune forme. Personne ne peut pas être forcé d'adopter une opinion ou d'adhérer à une croyance religieuse, contraires a ses convictions.
  2. La liberté de la conscience est garantie; elle doit se manifester en esprit de tolérance et de respect.
  3. Les cultes religieux sont libres de s'organiser conformément aux statuts propres dans les conditions de la loi.
  4. Dans les relations entre cultes sont défendues tous formes, moyens, actes ou actions de discorde religieuse.
  5. Les cultes religieux sont autonomes par rapport à l'état et sont soutenus par celui-ci, z compris par la facilitation de l'assistance religieuse dans l'armée, dans les hôpitaux, dans les prisons, dans les asiles et les orphelinats.

A la suite de la position adoptée par l'état par la Constitution par rapport à l'Eglise, les commentaires relatifs à une nouvelle relation entre l'Eglise et l'Etat ont commencé.

  • la symphonie entre l'Eglise et l'Etat ou l'unité parfaite entre l'Eglise Orthodoxe et l'état roumain. Dans cette équation l'Etat-providence est supérieur et l'Eglise est au service du peuple.
  • le dualisme Etat-Eglise basé sur une opposition de l'état laïque à l'égard de la religion.
  • Le pluralisme religieux conformément auquel l'Eglise Orthodoxe reçoive un appelatif de nationale.

Dans cette période, beaucoup d'entre les prélats et les théologiens orthodoxes ont milité pour que l'Eglise Orthodoxe soit nommée église nationale pour le rôle décisif et déterminant qu'elle a eu dans l'histoire du peuple roumain.

Le théologien et le penseur roumain Teodor Baconsky considère que la solution la plus adéquate est que l'état restitue à l'Eglise toutes les propriétés pour avoir une autonomie économique et une liberté d'expression et d'action. La dépendance économique de l'Eglise par rapport à l'etat signifierait la soumission des prélats aux chefs politiques et à l'état. Mais en égale mesure, la séparation trop grande de l'Eglise par rapport à l'état pourrait créer un schisme. Dans ce contexte une séparations totale de l'Eglise par rapport à l'état est impossible. (p. 356)

Du point de vue doctrinaire théologique:

  1. On ne peut pas harmoniser la dualité traditionnelle Eglise-état avec la séparation démocratique entre le pouvoir législatif exécutif et judiciaire (l'état n'a pas de principes chrétiens et de morale chrétienne).
  2. L'Eglise Orthodoxe ne peut pas être nationale, parce que toute Eglise est en même temps locale et universelle.
  3. L'Eglise Orthodoxe ne peut pas exerciter sa liberté prophétique tant qu'elle est assistée matériellement par l'état (p. 355)

b) La position de L'Eglise Orthodoxe vis-à-vis de l'intégration européenne.

Dans une étude remarquable le père Ioan Ică jr. L'Europe modèle trinitaire et/ou mécanisme victimaire (revue Transilvania 3-4/1992, Sibiu, p. 32-43) présente peut-être la plus solide position théologique orthodoxe à l'égard de la perspective d'une Europe chrétienne. Après la présentation des deux modèles pour l'Europe, la source grecque: sous le signe de l'identique et de la connaissance et la source judaïque: sous le signe de l'Altérité et du Témoignage, le père Ică offre et le paradigme chrétien (l'Europe -- modèle trinitaire, la variante personnaliste). Dans ce sens, on soutient que l'Europe est née à Nicée en 325, en même temps que le premier Synode Oecuménique de l'Eglise chrétienne, qui a formulé le Credo orthodoxe et le dogme de la Sainte Trinité. Le personnalisme chrétien se base sur Christ Dieu-homme. En plus, le personnalisme chrétien est axé sur la relation entre personne et communion. Dans le programme politique chrétien la personne représente le projet théologique-politique définitoire de l'Europe.

Cette relation entre personne et communion est axée sur le suivant schéma théologique-politique:

  • Nationalisme, Démocratie
  • Totalitarisme Confédération
  • Fanatisme Foi
  • Collectivisme Communauté
  • Régressif Progressive

Dans le programme social-politique chrétien on souligne deux idées fondamentales de la philosophie russe: le mouvement incarnationel d'incarnation ou d'extension du Logos dans toutes les choses et les événements et le dogme trinitaire. La Sainte Trinité est notre programme social.

Consubstantialité – Communauté -- Confédération ou, comment disait père Florenski, entre Trinité et géhenne tertiam non datur.

L'intégration de la Roumanie dans l'Union Européenne n'est qu'un problème politique, mais aussi un problème culturel et spirituel. Dans ce sens, père D. Stăniloae disait que la Roumanie est un pont entre Orient et Occident, et les étrangères appellent cette terre sainte Le Jardin de la Mère de Dieu. Le même théologien en parlant de la latinité orthodoxe, montre que la Roumanie est un noeud de liaison spirituelle entre Orient et Occident, parce que par l'orthodoxie elle est en liaison avec les peuples de l'Orient de l'Europe, et par la latinité elle est en communion avec les peuples latins de l'Occident.

En dépit de certains théologiens et intélectuels qui plaident pour l'opposition et la séparation totale entre Orient et Occident, le Pape Jean Paul le deuxième considère que l'Eglise catholique de l'Occident et l'Eglise Orthodoxe de l'Orient sont les deux poumons du christianisme mondial.

Aujourd'hui plus que jamais il est besoin d'une Europe unie non seulement économiquement ou politiquement, mais aussi d'une Europe unie du point de vue chrétien et spirituel.

IV. La théologie et le cosmos ou le problème écologique

Dans la théologie dogmatique orthodoxe, la relation entre l'homme et le cosmos – selon le père D. Stăniloae – a une position particulière. Autrement dit, l'homme à l'aide de la grâce divine peut pan-humaniser le cosmos, c'est-à-dire le conduire vers la perfection ou il a la possibilité, en refusant la collaboration avec Dieu, d'arriver à une cosmicisation de l'humanité.

Mais dans la période moderne, la relation entre l'homme et le cosmos s'est détériorée de plus en plus, de sorte que l'homme est arrivé à un conflit grave avec la nature. Les organisation laïques ont fait des efforts pour la protection et le soin de la nature par la création des partis, universités et programmes écologiques. Mais concernant notre pays, on peut observer qu'en dépit du fait que la polution n'est pas si forte comme dans les autres pays européens, pourtant le Delta du danube et les grandes villes industrialisées ont de problèmes avec le milieu ambiant.

Le père D. Popescu considère que tous les problèmes écologiques ont été provoqués par une cosmologie autonome opposée à la cosmologie chrétienne, qui est théonome. Cette conception sur la cosmologie autonome met en évidence le fait qu'il ne s'agit pas seulement de l'autonomie de la raison humaine ou de l'homme, des sphères de vie sociale te culturelle, mais du fait que le monde elle-même dans son ensemble est conçu come une grande machine qui fonctionne par elle-même sans l'intervention du Créateur. (D. Popescu, Orthodoxie et contemporanéité, Buc., 1996, p. 201).

  1. La conception déiste de la culture sécularisé isole Dieu dans Sa transcedance, et le monde devient autonome, fonctionne comme une machine par elle-même.
  2. La tendance anthropocentriste conformément à laquelle l'homme prend la place de Dieu et devient maître absolu de la création. La crise écolgique est due aussi à l'autonomie de l'homme par rapport à Dieu.
  3. Le monde est similaire à une machine que l'homme exploite à l'aide de la technique au maximum sans faire appel aux lois de Dieu.

A cette crise écologique, le père D. Popescu répond avec le modèle christologique chrétien. L'Eglise a soutenu une cosmologie théonome basée sur la foi dans un Christ cosmique, c'est-à-dire Christ Créateur de la raison de choses, mais aussi Christ sauveur ou restaurateur de l'homme et de la création.

Son Excellence Nicolae Corneanu offre trois solutions possibles à la crise écologique.

Premièrement, la référence biblique Gén. 1, 28 ne se rapporte pas à une déconsidération de la nature. Les appelatifs bibliques de roi de la nature et maîtrise de la terre ne signifie pas une maîtrise comme exploitation, mais le fait de servir et d'utiliser sagement la nature. Dans ce sens, la nature n'est plus qu'un bien, mais la maison où vit l'homme, le milieu où il vit et qu'il doit protéger.

Deuxièmement, dans la spiritualité orthodoxe roumaine mais aussi dans celle occidentale, le cosmos a été tellement apprécié, de sorte qu'il a été personnifié. Le chrétien orthodoxe conçoit la nature comme quelque chose de vivant et d'animé, non pas comme quelque chose d'abstrait ou de fermé. C'est pour cela que souvent on disait le frère soleil oul la soeur lune, le frère vent, qui ne sont pas de figures de styles, mais des réalités communes à la spiritualité chrétienne.

Dans le même sens, dans la spiritualité orthodoxe il y a beaucoup de prières de sacralisation de la nature et des éléments cosmiques.

En plus, la conception à l'égard de la nature est une conception positive. Saint Maxim dit que le cosmos est une Eglise où on célèbre une liturgie cosmique. A cause de cela, les gens doivent être instruits pour savoir servir et aimer ce cosmos comme un temple de Dieu. (métropolite Nicolae Corneanu, Quo Vadis?, Timișoara, 1990, p. 190-191) .

Rezumat

În acest studiu se prezintă curentele teologiei ortodoxe și problematicile sociale contemporane. După anul 1989, teologia română ortodoxă cunoaște o transformare radicală. Tendința fundamentală a teologiei ortodoxe este neopatristică. Problematica centrală ortodoxă este doctrina socială a Bisericii.