La participation de la Roumanie à la deuxième guerre mondiale a bénéficié dans notre historiographie d'une attention particulière de la part des chercheurs qui ont rédigé des synthèses, des études, des articles, des albums, des éditions de documents qui mettent en évidence les plus significatifs aspects de cet événement historique. Cependant, certains aspects concernant l'apport de l'armée roumaine à la deuxième conflagration mondiale n'ont pas été analysés d'une manière profonde, comme l'importance du thème l'imposait. Parmi ces aspects, il y a aussi l'activité du Clergé pendant les campagnes militaires. Le présent livre vient couvrir une place vide en nous présentant pour la première fois 258 documents gardés par les Archives Militaires Roumaines qui envisagent le rôle de l'Église, de l'éducation religieuse des prêtres pendant les expéditions militaires entre 1941 - 1945.
En parcourant le volume de documents, nous constatons que le modèle roumain de l'institution du clergé militaire a démontré, encore une fois d'une manière brillante (il l'avait fait aussi pendant la première guerre mondiale) sa viabilité, car l'Église Orthodoxe Roumaine s'est toujours identifiée aux idéaux spirituels et nationaux du peuple dirigé pastoralement. Le prêtre représentait, dans les conditions de guerre „l’évaluation des devoirs officiés en vue de défendre le patrimoine ancestral". Dès 1921, on affirmait que „l'armée ne peut pas se dispenser de l'activité spirituelle inestimable du clergé", fait envisagé par la Loi et le Règlement concernant l'organisation du clergé militaire. Au ministère il y avait un évêque militaire qui s'intitulait évêque de Alba Iulia, aux régiments se trouvait un prêtre capitaine qui appartenait au rite religieux de la majorité des militaires. Pour les minorités religieuses des garnisons ont été nommés pour chaque situation un prêtre, un pasteur, un rabbin ou imam; de cette manière, l'oecuménisme était affirmé aussi dans l'armée. Les documents que le volume contient font preuve du fait que les prêtre militaires ont agi dès le début de la guerre dans les territoires occupés par l'Armée Rouge (Chișinău, Cahul, Odessa, Tighina, Sevastopol, etc.).
Pendant les opérations militaires il y avait des règlements concernant les modalités d'officier la Sainte Liturgie, les services religieux occasionels, les funérailles, l'évocation des morts, les attributions des prêtres pendant les marches, durant la lutte et après, leur activité dans différents commandements, unités, camps de concentration, hôpitaux, dans d'autres zones. Au moment où on a décrété la mobilisation des prêtres ils devaient accomplir dans les unités où ils étaient distribués une série d'attributions spécifiques, en établissant une délimitation précise entre l'activité religieuse et celle pastorale. Le prêtre devrait être en permanence au milieu de sa troupe, encourager ceux qui étaient plus faibles, en leur montrant la grandeur du sacrifice et la reconnaissance et l'honneur qu'on accorde à ceux qui donnent leur vie pour la patrie.
L'activité des prêtres dans la deuxième conflagration mondiale présentée dans ce volume nous dévoile les deux missions, de pasteurs spirituels et de soldats. Une reconnaissance des qualités des prêtres de cette époque-là par les dirigeants de l'armée est représentée par leur encadrement comme officiers.
L'ouvrage contient aussi quelques rapports des prêtres qui dévoilent non seulement leur activité chrétienne, mais aussi la vie quotidienne des soldats, leur état d'esprit, leurs troubles et inquiétudes.
Par ces documents, nous apprenons l'activité des prêtres déployée de l'autre côté du Prut, où leur activité missionnaire était très importante et qui résidait dans la reconstruction des êglises, des bâptèmes, des noces, des services divins pour les habitants de l'endroit enterrés dans les années de la domination soviétique sans rituels orthodoxes traditionels (Les Documents: 7, 10, 11, 13, 16, 18).
L'acte de 23 Août 1944 et la libération du territoire national ont changé profondément l'activité des prêtre militaires, leur oeuvre missionnaire a été interrompue, l'armée roumaine agissant dans des territoires qui n'avaient pas de population orthodoxe. Néanmoins, cela n'a pas signifié la diminution de l'importance des prêtres militaires concernant les relations entre les soldats et les habitants de l'endroit, étant donné le fait qu'ils ont eu soin qu'on ne produisent pas d'abus et d'oppressions de la part de quelques soldats qui pouvaient perdre le contrôle, en défendant de cette manière l'honneur et le préstige de l'armée roumaine.
Les comptes rendus des militaires qui ont résulté des discutions portées avec les soldats, ont eu aussi une grande contribution à la mise en évidence d'une image réaliste pour le moral de l'armée. Par l'appel des prêtres aux instances de droit même les problèmes qui n'envisageaient pas leur domaine d'activité (l'approvisionnement avec des aliments, le fourniment etc.) ont trouvé leur résolution.
Dans les conditions de guerre, les corps des soldats et des officiers tombés à leur devoir n'ont jamais été abandonnés. En mettant en danger sa propre vie, le clergé militaire a officié sous le feu de l'ennemi le dernier service divin (Document 42).
Les obligations des prêtres militaires concernant les victimes du front n'ont pas pris fin au moment de l'enterrement des soldats tombés au devoir. Avec le même soin, ils se sont occupés du culte des héros, de la construction des monuments qui devraient maintenir le souvenir vifs de leur sacrifice. Les territoires parcourus par l'armée roumaine sont parsemés de tels monuments, triptyques et croix. Le nombre de ceux qui sont tombés sur les champs de bataille est connu, on connaît pourtant très peu l'attention et les honneurs qui ont été accordées en même temps à leur mémoire. Les documents rédigés par les prêtres militaires contiennent des informations qui couvrent cette lacune.
Les prêtres militaires ont aidé aussi le service sanitaire, par conséquent, beaucoup d'entre eux ont été décorés par l'ordre „Le Mérite Sanitaire". D'autres documents sélectionnés et publiés dans cet ouvrage montrent comment les prêtres militaires se sont occupés des inquiétudes et des douleurs de l'âme des soldats qui étaient à deux doigts de la mort. Un autre aspect du service religieux réalisé par les prêtres militaires est l'éducation religieuse des prisonniers (Document 25).
Le volume contient une grande diversité de documents et des informations tout à fait valoreuses: comptes rendus des prêtres et des confesseurs, procès-verbaux adressés par le clergé à l'Inspectorat du Clergé militaire, au général de brigade Partenie Ciopron, ou au Service Religieux de l'Armée, corps d'armée ou de division, mémoires sur l'activité confessionnelle, etc.
Cet ouvrage est le premier de ce genre publié jusqu'à présent chez nous et à l'étranger, le mérite des auteurs de mettre au jour les documents est incontestable.