TheologosAnalele Universității de Vest din Timișoara · Seria Teologie

Numărul 8 / 2002

Ad Maiorem Theologie Gratiam


Les nombreuses dénominations modernes de chez nous et d'ailleurs, les intellections autoproclamées comme profondément et uniquement religieuses, mais en fait étranges par leur fabulation - et non dernièrement, l'armée de révélations des 12 dernières années, le „spiritu" non „sancto" mais „proprio", provoquent l'admiration du veilleur pour la fermeté temporelle de la théologie, mais ils font aussi naître la question: Comment est-il possible qu'elle résiste ?

Un des symboles de la Renaissance, Pico della Mirandola, affirmait, conformément à l'une des 900 thèses philosophico - théologale: „Le corps de Jésus est impassible", ce qui veut montrer aussi la résistance de l'Église et de sa science devant les „torrents de l'orage", pour citer Jéronim et son Dialog împotriva luciferilor (trad. et notes Dan Negrescu, Paideia, 1999, p. 60).

La réponse à une possible question du type: „Comment la science théologique réussit-elle à se maintenir impassible même après 1972 ans - et non pas deux mille ?", nous la trouvons sans doute dans des livres, c'est à dire par la parution de certains livres qui ont le but de continuer de mettre de l'ordre dans le monde de l'esprit entre les canons de la Sainte Tradition.

Un tel ouvrage nous est proposé par Sa Sainteté L'Evêque, professeur universitaire docteur Laurențiu Streza. L'oeuvre Tainele de inițiere creștină în Bisericile Răsăritene, parue à une édition de Iassy qui porte un très agréable nom latin (Trinitas) est en fait la première partie d'un ouvrage plus étendu. L'Avant propos de sa Sainteté Daniel, le Métropolite de la Moldavie et celui de l'auteur-même, nous disent clairement quel est le but de cette étude doctorale complexe et à la fois stricte dans son ordre: „Cet ouvrage est une étude liturgique qui se propose une présentation des actes, des prières et des cérémonies des différentes coutumes d'initiation dans le monde chrétien. Il se veut une application dans le cas particulier des mystères d'initiation du principe chrétien ancien "lex orandi - lex credendi", (p. 9).

L'auteur souligne constamment deux états auxquels il se sent attaché comme théologue: celui d'apôtre, manifesté par une continue mise en relation avec les débuts et celui oecuménique - je dirais - conaturel à un prélat de notre diocèse. La première partie de l'ouvrage (Le Rituel et la Doctrine des mystères d'initiation dans la littérature chrétienne ancienne, I-ère - XV-ème siècles) met en ordre chronologique et explicatif les données du problème, à partir des assertions veterotestamentaires, en passant ensuite par les implications baptismales de certains textes des Saints Cyrille, Jean Chrysostome, Ambroise - l'évêque de Milan, Gherman de Constantinople.

L'ordre stricte et les explications rigoureuses dans un langage de résonnance plutôt latine que slavo-byzantine, nous autorisent à affirmer que l'auteur, l'évêque Laurențiu Streza s'adresse à ses contemporains et non pas aux générations historiques, en gardant tout de même le respect dû aux précurseurs et en s'encadrant „cum caritate" dans la règle de Saint Vincent de Lerin, selon lequel "il y a un spécifique de la modestie et du sérieux chrétien, notamment celui de transmettre aux descendants non pas ses caractéristiques, mais de garder celles qui proviennent de leurs ancêtres (apud Nicolae, Métropolite du Banat, Temeiurile învățăturii ortodoxe, Timișoara, 1981, pp. 87 - 88).

La deuxième partie de cet ouvrage (La messe des mystères d'initiation dans les différents rituels liturgiques d'aujourd'hui) se situe, comme nous l'avions anticipé, sous le signe de l'esprit oecuménique. Après l'exégèse de la messe baptismale et de son symbole pour l'Église Orthodoxe, on nous présente les mystères d'initiation chrétienne dans les Anciennes Églises Orientales, un châpitre vraiment encyclopédique, dont la lecture est recommandée à tous, mais surtout à ceux qui pensent que le monde commence et finit avec nous.

À la suite d'un tel excours, comme celui proposé par sa sainteté l'Evêque Laurențiu Streza, la fidélité du chrétien ne peut se retrouver que toujours dans les paroles des Pères de l’Église. Voilà la raison pour laquelle j'achève ces lignes par la pensée sur le baptême de St. Ambroise de Milan, retrouvée dans un sermon moins connu, mais intitulé d'une manière très suggestive Despre binefacerea botezului: „Puisque partout où se trouve le Christ, c’est le Jordan". La même Sainteté qui a béni les rivières de l'Orient, descend sur celles qui coulent en Occident. C'est pourquoi, même si le hasard fait que le nom de la rivière change d'un siècle à l'autre, ses eaux renferment quand même le mystère de Jordan" (trad. Dan Negrescu, dans Altarul Banatului, 10 - 12 / 1991, p. 115).