TheologosAnalele Universității de Vest din Timișoara · Seria Teologie

Numărul 10 / 2004

Être et extase


Pour de nombreuses personnes la philosophie représente un simple exercice spéculatif sans aucune relation avec la réalité quotidienne. Philosopher signifie s'isoler, en totale et souveraine indifférence, dans la tour d'ivoire de l'abstraction, se construire un monde chimérique et inutile, s'éloigner, de la sorte, de l'urgence immédiate du destin communautaire. Face à l'expérience concrète les divagations du discours philosophique paraissent inconsistentes. Et la passion pour une telle science - étrange. D'un autre côté, ils sont aussi nombreux ceux qui, pratiquant la philosophie, la considère une simple gnose. Et ils ont raison, apparamment. Car la méthode d'enseignement est purement théorique. Le professeur de philosophie expose une “théorie” que le disciple doit apprendre. Le sentiment de l'urgence existentielle y manque. Les concepts paraissent en effet détachés complètement de la réalité concrète car ils expliquent au lieu d'impliquer. Ils n'envahissent pas l'esprit de celui qui théorise ni ne deviennnent sa première (et sa plus importante) réalité. Et le professeur de philosophie n'est que rarement un vrai philosophe.

Philosopher signifie tout d'abord penser, réfléchir. Je ne pourrais pas “philosopher” si je ne me concentrais pas en fuyant la tentation d'une multitude de finalités concrètes. Toute réflexion suppose la concentration: la réduction à l'unité indivisible de la pensée et la projection de cette pensée (unique) vers ce qui se trouve à l'extérieur vers la cible qui m'attire et que je pense du moment que je l'ai saisie, car je l'ai transformée dans la pensée qui me représente.

J'ai donc détourné le regard de ma pensée de moi-même (et du monde pensé de la pensée) et je l'ai dirigé vers l'extérieur, Au-delà – au-delà de la pensée de mon être et de la pensée de ma propre pensée – en plongeant dans ce Quelque Chose qui s'est ouvert vers moi-même justement au moment où moi-même je me suis ouvert vers son empire sans frontières.

Et je reste surpris – au moment de cette ouverture – parce que je cesse soudainement d'être moi-même (ce moi déterminé par rapport à ce monde qui m'est extérieur) et je deviens l'Unité essentielle dans laquelle je me perds et me retrouve perpétuellement en tant que Quelque Chose d'essentiel, d'infini, conteneur-de-tout, Quelque Chose qui pense ma pensée et qui , en même temps se pense soi-même par Soi. Les voiles qui le cachait tombent. Ce Quelque Chose se dé-voile: il se révèle à l'instant même où moi-même je me dé-voile à son Être.

Par la pensée et le vécu de l'Etre nous avons pénétré dans un régime tout à fait nouveau de la connaissance et du fait d'être-en-train-d'être, dans un état d'illumination surexcitée. De la perspective de cet état, de cette pensée et de ce vécu, les anciennes interrogations et recherches deviennent non-significatives. «Je suis» – c'est le sens premier et dernier. La méditation me transpose dans cette région. Je me détache (εκ) – moi, être déterminé, situé dans l'horizon de la conscience de soi (avec toute l'architecture inconsciente sous-jacente et avec tout mon corps) – de l'état (στασις) initial et je m'ouvre vers l'Absolu, en devenant moi-même l'Absolu (qui me disloque de moi-même et me dissout dans l'Infini).

La méditation intense, persistante, concentrée sur l'Etre finit, ainsi, par l'ek-stase: par le détachement ferme du moi fini et par l'entrée dans Le Grand Tout. Je me suis unifié, d'une manière fulgurante, à tout ce qui est et je suis devenu moi-mème Le Tout qui cherche et qui re-trouve sa Totalité absolue (en Soi, à travers Soi et par rapport à Soi-même: auto kath' auto), grâce à la conscience transcendantale de l'Etre. Tout mon être corporel-psychologique s'est transformé dans la lumière pure et absolue. Je reviens, des lointains étranges, à Moi-même, dans l'abîme du Soi qui pense et Se pense, tout autant.

Toute méditation finit-elle par cette rupture et cette fondation décisives? Evidemment, non. Je peux comprendre, d'une manière théorique, l'Etre en tant qu'Absolu, en demeurant encore «ancré» dans «ce monde» – le monde de la conscience. Seulement très rarement, lorsque l'effort de la méditation se prolonge et s'intensifie, je peux atteindre le paroxysme: le détachement: le rapt extatique.

Si, au début, j'ai fixé ma cible (l'Etre), je l'ai ultérieurement suivie avec application, me purifiant progressivement et me spiritualisant, pour jaillir finalement dans l'abîme illuminé, en tant qu'Etre libre, vers le noyau du même Etre. On dirait que l'Etre-même m'a absorbé dans Sa vasteté mouvante, dès le moment où j'ai commencé à le penser. Me concentrant fortement sur Lui, sans détourner mes regards, je me suis approché de plus en plus de Sa condition originaire, jusqu'au rapt libérateur – l'ek-stase – qui signifie justement unir le soi à l'Etre et – continuant ce mouvement et l'amenant à la perfection – unir l'Etre à l'Etre-même.

L'ek-stase (la sortie de la passivité de l'état) exprime donc le détachement du soi de sa condition limitée – la rupture – et, tout autant, l'entrée dans la nouvelle condition et dans le nouvel état, de l'Etre-qui-est-en-train-d'être et qui re-vient, d'une manière ek-statique, à Soi-même. Autrement dit, le rapt va désigner «l'égarement» de mon être dans l'éon de la Présence absolue. Cet événement a commencé au moment où les regards de la pensée «ont fixé» l'Etre et il a supposé l'ouverture-vers-le-dehors: επεκτασις.; ep-ek-stasis: l'ouverture vers l'Absolu. Le verbe ep-ek-teinw (επεκτεινω) signifie justement «tendre vers le dehors». L'Ek-stase serait, dans ce cas, l'événement final à travers lequel, au bout d'un effort soutenu, l'epektase s'achève, et le soi fini s'ouvre vers l'empire de l'Etre et s'y répand.

On pourrait dire que l'ekstase est le fruit de l'epektase. Mais avec l'ekstase, la tension de l'epektase ne disparaît point; car l'Etre est-en-train-d'être et dans l'extase du dévoilement de Soi-même, il Se retourne plus profondément vers Soi-même, désireux de S'embrasser et de Se connaître, grâce justement à l'epektase qui jaillit du coeur de l'Etre. L'Etre est-en-train-d'être: il est justement le mouvement de fondation: l'entrée dans l'Etre.

La dialectique ekstase – epektase se reprend donc. L'ekstase de l'ouverture ontonome se transforme dans l'epektase de l'Etre qui finira – dans une autre région, plus profonde, par l'ek-stase: Se détachant de son Soi absolu – tout en le gardant – l'Etre se confondra avec Soi-même et il va Se retrouver d'une manière «ek-statique», dans (et à travers) la nouvelle dimension de la conscience originaire, transcendantale.

L'acte de la révélation accompagne, complète et souligne la découverte accablante que procure l'acte de penser. En fait la pensée de mon être déterminé pénètre – en pensant sa pensée dans un nouveau monde qu'elle ne surprend que Maintenant, à l'instant révélateur de la révélation, en fondant – éblouie et bouleversée – dans l'infinité de l'être essentiel. Le fait de penser effectivement l'Absolu – que je pourrais nommer n'importe comment (Être, Esprit, Dieu, Brahman, Dao) coincide avec sa révélation. C'est ici, dans ce point crucial, que l'acte de penser ne peut plus être différencié de la révélation. Et la révélation (qui casse brutalement les bornes de mon moi en conférant à ma pensée la dimension sans limites où il se jette pour renaître) intensifie ma réflexion et lui confère à son tour une nouvelle identité: l'Être même, identité qui précisera la pensée révélatrice et la retiendra ici, dans le pays absolu. Celui qui se révèle s'identifie avec le Soi conteneur-de-tout: tel est le nouveau sens de la pensée qui se confondra dorénavant avec l'Être.

Par conséquent, si penser signifie m'unifier de manière immédiate à, penser l'Être signifiera m'unifier de manière immédiate à l'Être même – totalité synthétique conteneur-de-tout; au moment où je pense l'Être-à-tout j'appréhende mon être déterminé et je le projette Au-delà, dans l'Infini Absolu, en traversant mes frontières et en plongeant dans l'abîme mouvant qui me confère une nouvelle, plus profonde et plus surprenante identité. Ce moment marque le détachement de moi-même (du soi limité de mon être subjectif et pensant) et, consécutivement, l'immersion dans la Nouveauté toujours plus accaparante qui se révèle à moi au moment même où je la pense.

Penser l'Être signifie donc devenir l'Être même: me révéler en tant qu'Être par l'Être qui, simultanément et mutuellement se révèle à moi, Lui-même, à moi même, un être pensant. Je pénètre – en le pensant – dans l'Infini essentiel que je n'ai pas encore connu. La Nouveauté qu'apportent la pensée et le fait de penser l'Être représente l'acte et le contenu de la révélation.

C'est vers cette nouveauté que je me suis dirigé en pensant ma pensée: en pensant, pour dire autrement, Ce-qui-se-trouve-au-delà-de-la-pensée-courante et, dans la même mesure, dans son intérieur: au-delà de la présence déterminée de mon être pensant et, également, dans son essence conteneur-de-tout: la Présence absolue – révélée en tant que Présence conteneur-de-tout:en tant qu'Être ou en tant qu'Esprit.

Depuis quand ce phénomène se produit-il? Depuis que la conscience de soi-même est née et que l'anthropoïde originaire est devenu homo sapiens et homo religiosus à la fois ( il y a 30000 - 50000 ans, comme les archéologues, les historiens des religions et les ethnologues l'ont démontré, avec des arguments très convaincants). Depuis des dizaines de millénaires, donc, l'être humain spiritualisé a pu distinguer, au-delà du soi fini de son entité, l'esprit éternel. Et c'est toujours depuis des dizaines de millénaires qu'il y a eu des sujets qui, fascinés par l'horizon transcendant, se sont «détachés» de «ce monde» et ont jailli – pour quelque temps – Au-delà, là où demeure L'Esprit (la force souveraine).

Mais la nouvelle unité originaire, à peine instituée, gardait encore «la fissure» qui la séparait de son soi individuel, au moment-même de l'unification (comme si l'acte d'unification était incomplet). Cette «fissure» confère au vécu extatique la couleur magique, différenciant l'extase chamanique de l'ekstase spirituelle ultérieure. Au moment où il se confond avec l'être du Dieu Suprême, le chaman illuminé ne se sent nullement libre, mais dominé: influencé. La force divine semble despotique et discrétionnaire. D'autre part, le vécu du chaman – d'origine magique – est concret: il n'a pas «la liberté éthérique» de l'ekstase spirituelle parfaite. Le chaman rencontre un être qui a un certain visage; il lui parle, il lui pose des questions et il reçoit des réponses de sa part: il l'entend et il est entendu par lui. Les organes des sens semblent fonctionner d'une manière irréprochable. Une foule de symboles concrets se détachent de la brume de l'imaginaire; ils reçoivent un contour et confèrent une forme «palpable» à la pensée et au vécu.

Pour la conscience moderne, cette stratégie semble infantile, située dans un monde qui rappelle l'âge de l'enfance où fonctionnait la pensée magique. Mais pour le chaman – et pour la communauté qui assiste à son «vol» – l'événement extatique a une importance cruciale. Chaque moment symbolique est vécu intensément, jusqu'au rapt final qui «aspire» l'esprit collectif de la communauté dans l'extase unificateur. Dans son chemin, le chaman n'a été jamais seul: la force spirituelle de la communauté s'est concentrée et finalement, elle s'est déchaînée dans son être, l'accompagnant et le projetant Au-delà, dans l'empire de l'Etre Souverain. Elle va ainsi communier, en même temps que le chaman en extase, avec l'Unité despotique, enchaînante.

L'histoire de la pensée indienne dévoile le passage de la pensée philosophique-religieuse d'origine magique à la pensée métaphysique du principe souverain. Le Dieu du Ciel (Dyauspitar) semble être le plus ancien – la première synthèse fondamentale de la conscience archaïque: Le Dieu Souverain. En ayant son intuition et en le pensant, on a réalisé la synthèse transcendantale (dans sa variante magique) et, avec cela, la dimension sacrée s'est instaurée définitivement. Bientôt, Le Dieu Souverain (du ciel) «va quitter» la scène de l'histoire spirituelle, devenant un deus otiosus. Mais l'atmosphère sacrée reste vivante: de ses profondeurs vont naître les divinités secondaires, à l'ombre toujours présente du même Dieu Souverain qui va renaître, portant un autre nom (dans la religion et la pensée hindoues - Varuna).

Varuna est toutpuissant («il est visible partout» – visva-darsata), il est omniscient et infaillible. Si on le voit partout, cela signifie qu'il est-en-train-d'être dans tout ce qui est et qu'il sait tout. Aucun péché humain ne lui échappe, quelque caché qu'il soit. Plus encore, il enchaîne l'être humain: il le prend «dans ses rets». C'est de là que proviennent le sentiment d'angoisse et la soumisssion non-conditionnée. L'homme ne peut se cacher nulle part, pour échapper à ses regards omniscients. Au moment où l'homme «sait» quelque chose, cela est déja su par Le Dieu Souverain.

Mais, à travers le rituel, on peut quand même arriver dans le cercle magique de lumière et de ténèbres du Dieu. L'homme archaïque s'engage dans une action dépourvue de but utilitaire. A travers l'acte rituel, il se trans-pose dans sa nouvelle condition sacrée, entrant, avec tout le groupe, en communication effective avec le Dieu; en même temps, il se détachera de son état et de sa vie antérieurs, les niant: les mortifiant.

Le sacrifice n'est pas abstrait, mais très concret. Et la pensée magique (concrète par excellence) l'a concrétisé: l'être fini et concret ou son substitut symbolique (l'animal, la plante). Le but est sacré: la rencontre de Dieu. Le sacrifié est le messager de ce monde – l'intermédiaire entre l'homme et la Divinité. Par son intermédiation, l'être humain pourra arriver d'une manière concrète Là. Celui qui officie ce passage (le prêtre-sorcier) entrera le premier en contact avec le Dieu et il lui ressemblera parfaitement puisqu'il effectue l'acte sacrificiel – le rituel sacré. Mais le sacrifice va symboliser, tout autant, le sacrifice-même du Dieu souverain (nommé, ultérieurement, Prajapati), qui a la force de renaître de son propre néant, en unifiant ses parties (symbolisées par les briques destinées à un autel). Si, au début, à travers le rituel magique, le prêtre (brahman) bâtissait l'autel du feu, en unifiant ainsi et en faisant renaître d'une manière symbolique Brahman – tout en unifiant son propre être qui posait une brique sur une autre et participant ainsi à l'incarnation de Brahman, en tant que atman – ultérieurement, le processus de l'unification sera purement spirituel. L'effort de la pensée spiritualisée va remplacer l'effort physique (et spirituel) de l'édification symbolique, par la concentration-dirigée-vers-Brahman. Avec cette concentration, l'être «bâtisseur» se transforme en atman et conflue avec Brahman, se libérant définitivement.

Dès le moment où Brahman et atman énoncent le principe souverain, la pensée se libère de son contenu magique et se spiritualise, s'exprimant à travers le concept et la catégorie. En pensant Brahman, l'homme se transforme en atman. Brahman ne sera plus conçu comme force magique pure (même si «l'aura» magique du vécu persiste encore), mais comme essence immanente-transcendante. La contemplation n'est pas passsive. La pensée saisit, élève et transforme progressivement l'être pensant, jusqu'au rapt final. Celui qui pense Brahman sans cesse va plonger d'une manière toujours plus profonde dans son abîme infini, jusqu' à ce qu'il s'installe dans son horizon originaire et transcendantal.

La philosophie hindoue (surtout yoga) a créé la technique multimillénaire de passage du seuil qui nous sépare du nouveau monde (et de la nouvelle condition). Nous sommes donc capables de transcender notre condition courante et nous pouvons accéder à une autre dimension (et à un autre état), dans un autre «plan de l'existence», libéré de tout conditionnement matériel. Nous pouvons nous détacher de notre condition finie et périssable, en entrant ici et maintenant, dans cette vie – dans l'état paradisiaque d'Au-delà (et dans le monde d'Au-delà). La concentration persistante de la pensée (dharana) se transforme en méditation (dhyana), suprimant le flux de la conscience courante (nirodha). Nous allons nous détacher, finalement, de nous-mêmes pour nous confondre avec l'objet permanent de la méditation (L'Etre). C'est l'état de transe ou d'ekstase – samadhi.

Dans les religions monothéistes, on peut atteindre le même résultat par la prière et par la méditation. La pensée de Dieu relève, tout d'abord, Son être divin et éternel: le repère absolu. Et ce repère est pensé: il se laisse penser, saisir et embrasser par la pensée humaine qui se mesure à l'Absolu. Si Dieu devient l'objet de ma réflexion et si – au moment-même de la pensée – il Se dévoile et s'avance vers Soi, avec ma pensée révélatrice, je devrai accepter deux choses: d'un côté, que je connaîtrai l'Etre divin tant que ma pensée humaine me le permettra; d'un autre côté, que je me détacherai, pourtant, des limites inhérentes justement à travers l'acte de penser et que je m'avancerai vers l'essence de la Divinité, avec (et par) la Divinité-même.

Chaque fois que je pense Dieu comme Quelqu'un-d'autre-qui-m'est-extérieur, Le nommant et Le considérant extérieur à mon être, Dieu sera effectivement à l'extérieur, exilé dans l'altérité de la transcendance. L'acte de Le penser témoigne, en même temps, qu'Il est descendu en moi, qu'il a pénétré en moi, attirant vers Lui le regard de mon âme. C'est comme si j'étais, moi-même, simultanément, à moi-même – en tant que moi déterminé, fini, présent ici et maintenant, dans cet être, dans cet endroit et dans ce moment – et, en même temps, au-delà de moi-même, dans l'infini synthètique que j'ai identifié à travers ma pensée et par l'essence duquel je suis en train d'être dans l'hypostase double et paradoxale. Je ne pourrais penser Dieu et je ne pourrais parler de Lui si je ne participais pas en quelque sorte à Son être qui S'est dévoilé à moi – partiellement, bien sûr – et que je distingue de moi-même.

Mais dans la prière hesyhaste, par exemple, la ferveur de l'ascèse fond toute limite et élève l'esprit vers l'Esprit Absolu, dans des cercles concentriques, jusqu' à l'entrée décisive dans le coeur de la Lumière omniprésente. Le corps et le monde «matériel» disparaissent et l'âme plonge dans l'abîme de l'Esprit Souverain, devenant l'Esprit-même – le Saint-Esprit – essence, contenu, région, entité et mouvement. On passe dans un autre monde qui s'ouvre soudain ici, au coeur de celui qui a prié sans cesse, invoquant Jésus Christ, jusqu'au rapt ekstatique qui a instauré le règne total de la Lumière divine.